Héroïnes du travail socialiste

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Héroïnes du travail socialiste

Camarades, ce que nous avons vu ici aujourd’hui, c’est un morceau de la vie nouvelle, de la vie qu’on appelle chez nous la vie kolkhozienne, la vie socialiste. Nous avons entendu des paroles simples de gens simples, de travailleurs : ils nous ont dit comment ils ont lutté, comment ils ont vaincu les difficultés pour obtenir des succès dans le domaine de l’émulation. Nous avons entendu des femmes qui ne sont pas des femmes ordinaires, mais dirais-je des héroïnes du travail, parce que seules des héroïnes du travail pouvaient obtenir les succès qu’elles ont obtenus. Auparavant il n’y a jamais eu de pareilles femmes. J’ai déjà cinquante-six ans, j’ai vu des choses, j’ai vu  beaucoup d’hommes et de femmes, je n’en ai pas rencontré. Ce sont des êtres absolument nouveaux. Seul le travail libre, seul le travail kolkhozien pouvait créer ces héroïnes du travail à la campagne.

De telles femmes n’existaient pas, ne pouvaient pas exister dans le vieux temps.

Vraiment, lorsque l’on songe à ce qu’étaient les femmes au temps jadis ! Jeune fille encore, elle était la dernière parmi les travailleurs. Elle travaillait pour le père, elle travaillait sans trêve, ni répit.  Pourtant le père l’insultait par-dessus le marché et lui reprochait : il faut que je te nourrisse. Lorsqu’elle se mariait, elle travaillait pour son époux et travaillait autant que l’homme l’exigeait. Mais son époux l’insultait  et lui reprochait : il faut que je te nourrisse. Au village la femme était la dernière parmi les travailleurs. On  conçoit qu’avec une telle existence il ne pouvait y avoir d’héroïnes du travail parmi les paysannes. Le travail  était considéré à l’époque comme une malédiction pour la femme et elle l’évitait autant qu’elle pouvait.

Seule la vie kolkhozienne pouvait faire du travail une question d’honneur, seule elle pouvait créer de véritables héroïnes au village. Seule la vie kolkhozienne pouvait abolir l’inégalité et assurer à la femme la place qui lui revient. Vous le savez vous-mêmes fort bien. Le kolkhoz a introduit la journée de travail. Qu’est-ce que la journée de travail ? Devant la journée de travail, hommes et femmes sont égaux. Celui qui a travaillé le plus de jours a gagné davantage. Ici ni le père, ni le mari ne peut reprocher à la femme qu’il la nourrit. Aujourd’hui, lorsqu’elle travaille et  fournit des unités de travail, la femme est son propre maître. Je me rappelle une conversation que j’eue avec plusieurs camarades femmes, au IIème congrès de kolkhoziennes. L’une d’elles, qui était des régions du nord me dit : « Jusqu’il y a deux ans, pas un prétendant ne s’était montré chez moi. Une femme sans dot ! Aujourd’hui, j’ai 500 unités de travail, et qu’arrive-t-il ? Je ne puis me défaire des prétendants. Ils veulent tous m’épouser. Mais j’y regarde de près, je m’en choisirai un toute seule. »

Au moyen de l’unité de travail, le kolkhoz a libéré la femme, l’a rendue indépendante. Elle ne travaille plus maintenant pour son père, quand elle est jeune fille, ni pour son mari, quand elle est mariée, elle travaille d’abord pour elle-même. C’est cela la libération de la paysanne, c’est cela le régime des kolkhoz, qui fait de la travailleuse l’égale du travailleur. Sur cette base seulement et dans ces conditions pouvaient apparaître ces femmes magnifiques. Voilà pourquoi je ne considère pas la rencontre d’aujourd’hui simplement comme une rencontre ordinaire entre des gens avancés et les membres du gouvernement, mais comme un jour solennel, où sont mis en pleine lumière les succès et les capacités du travail féminin libéré. Je pense que le gouvernement doit honorer les héroïnes du travail, qui sont venues ici pour exposer leurs succès au gouvernement.

Staline, Discours aux kolkhoziennes de choc des champs de betteraves, lors de leur réception par les dirigeants du Parti et du gouvernement. » Le 10 novembre 1935. Lénine et Staline : Recueil de textes pour l’étude de l’histoire du Parti communiste, tomme III, p. 642-643.