Individualiste hier, kolkhozienne aujourd’hui

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Individualiste hier, kolkhozienne aujourd’hui

Certes, il faut comprendre les kolkhoziens et se mettre à leur place. Toutes ces années, ils ont eu à endurer bien des offenses et moqueries ne doivent pas avoir ici une importance décisive. C’est un mauvais dirigeant, celui qui ne sait pas oublier les offenses et qui fait passer ses sentiments avant les intérêts de l’oeuvre kolkhozienne. Si vous voulez être des dirigeants, vous devez savoir oublier les offenses que vous ont faîtes certains paysans individuels. Il y a deux ans, je reçus de la région de la Volga une lettre une paysanne veuve. Elle se plaignait de se voir refuser l’accès du kolkhoz, et requérait mon aide. Je demandai des explications au kolkhoz. On me répondit qu’on ne pouvait l’accepter parce qu’elle avait outragé une réunion de kolkhoziens. De quoi s’agissait-il ? Pendant une réunion de paysans, où les kolkhoziens appelaient les paysans individuels à entrer au kolkhoz, cette veuve, en réponse à cet appel, avait, paraît-il, relevé sa jupe en disant : « Tenez, je l’ai là, votre kolkhoz! » (Joyeuse animation, hilarité). Il est évident qu’elle avait mal agi, qu’elle avait outragé la réunion. Mais peut-on lui refuser l’accès du kolkhoz, si un an après elle s’est repentie sincèrement et a reconnu sa faute ? J’estime que non. C’est ce que j’ai écrit au kolkhoz. On accepta la veuve. Et bien ? Elle travaille aujourd’hui au kolkhoz, non pas dans les derniers, mais dans les premiers rangs.

Staline, Discours prononcé au 1er congrès des kolkhoziens -oudarniks de l’URSS, le 19 février 1933 : les Questions du léninisme, p.441-4421; Editions langues étrangères, Moscou 1947.