« Un peuple qui en opprime d’autres ne saurait s’émanciper lui-même »

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« Un peuple qui en opprime d’autres ne saurait s’émanciper lui-même »
  1. La lutte anti-impérialiste

La lutte contre l’impérialisme, si l’on ne veut pas que cela reste un slogan vide, a pour but d’anéantir, de détruire, de briser le système de domination impérialiste – sur le plan politique, économique et militaire ; de briser les institutions culturelles par lesquelles l’impérialisme donne une homogénéité aux élites dominantes et les systèmes de communication qui lui assurent son emprise idéologique.

Anéantissement de l’impérialisme,

  • sur le plan militaire cela veut dire dans un cadre international : anéantir les alliances militaires de l’impérialisme américain à la surface du globe, ici : de l’O.T.A.N. et de la « Bundeswehr ». Dans le cadre national : anéantir les formations armées de l’appareil d’Etat qui incarnent le monopole de la violence de la classe dominante et son pouvoir dans l’Etat, ici : la police, la police des frontières, les services secrets ;
  • sur le plan économique cela signifie : anéantir la structure de puissance que représentent les trusts multinationaux ;
  • sur le plan politique cela signifie : anéantir les bureaucraties, organisations, appareils de pouvoir, qu’ils soient étatiques ou non étatiques – (les partis, syndicats, média) qui dominent le peuple.

L’internationalisme prolétarien

La lutte contre l’impérialisme ici n’est pas et ne saurait être : une lutte de libération nationale – sa perspective historique n’est pas : le socialisme dans un seul pays. A l’organisation transnationale du capital, aux alliances militaires par lesquelles l’impérialisme américain enserre le monde, à la coopération internationale des élites dominantes dans la sphère de pouvoir de l’impérialisme U.S – répondent de notre côté, du côté du prolétariat, les luttes de classes révolutionnaires, les mouvements de libération des peuples du tiers monde, la guérilla urbaine dans les métropoles de l’impérialisme. C’est cela l’internationalisme prolétarien.

Depuis la Commune de Paris il est clair qu’un peuple qui cherche dans un Etat impérialiste à se libérer dans le cadre national, s’attire la vengeance, la puissance armée, l’hostilité mortelle des bourgeoises de tous les autres Etats impérialistes. C’est ainsi que l’O.T.A.N. met actuellement sur pied une réserve d’intervention en cas de troubles internes, et qui devrait stationner en Italie.

« Un peuple qui en opprime d’autres ne saurait s’émanciper lui-même », dit Marx.

Ce qui donne sa pertinence militaire à la guérilla dans les métropoles – à la « R.A.F. » ici, aux Brigades Rouges en Italie, à l' »United People Liberation army » aux U.S.A.- , c’est que dans le cadre des luttes pour leur libération des peuples du tiers monde, dans une lutte solidaire, elle peut attaquer l’impérialisme ici sur ses arrières, d’où il exporte ses troupes, ses armes, ses instructeurs, sa technologie, ses systèmes de communication et son fascisme culturel pour opprimer et exploiter les peuples du tiers monde. Voilà sur quoi se détermine sur les arrières de l’impérialisme, la guerre populaire. Un processus de longue haleine. Car la révolution mondiale n’est assurément pas un affaire de quelques jours, de quelques semaines ou des quelques mois, elle n’est pas l’affaire seulement de quelques soulèvements populaires, ce n’est pas un processus court. Il ne s’agit pas de prendre le pouvoir de l’appareil d’Etat, comme se le figurent les partis et groupes révisionnistes,- ou plutôt le prétendent, car ils ne se figurent rien du tout.

[…]

Déclaration d’Ulrike pour la libération d’Andreas au procès de Berlin-Moabit

le 13 septembre 1974