Ouvrières antifascistes des tuileries de Marseille

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Ouvrières antifascistes des tuileries de Marseille

Avec Claire, à Marseille, ce sont les ouvrières tuilières qui rappellent que le travail des femmes est loin de prendre toujours dans notre pays des formes parées et fardées. Nos « féministes » chatouilleux, qui ont souffert de voir en URSS des femmes balayer la neige en hiver, ou faire chanter la truelle sur les briques, ne feraient pas mal d’aller faire un tour par là, au-dessus de l’Estaque. Là, elles ne les cimentent pas, les briques, elles les font.

Pourtant ces femmes travailleuses des tuileries sont d’une combativité extraordinaire , alors que chez nous n’existait pas de cellule. Nous avons fait grève quatre fois consécutives contre les fascistes du 19 décembre, lors de l’arrêt d’un quart d’heure, le 9 janvier au matin, après que nous ayons appris l’assassinat de nos camarades parisiens. Les 12 et 13 février, nous avons participé toutes ensemble à la grève nationale lors des obsèques de huit antifascistes, de nos huit camarades. Chaque fois les tracts du Bureau politique ou les appels de la Fédération ont été distribuées, commentés avec les ouvrières; des signatures ont été collectées, des explications simples ont été données sur la gravité du danger que représente le fascisme pour chacun de nos foyers.

C’est d’ailleurs dans ces actions de combat antifasciste que notre cellule est née avec six camarades, le mercredi 31 janvier. Nous nous réunissons pour former notre bureau de cellule, préparer notre remise de cartes ; en dressant une liste nominative des travailleurs et travailleuses à faire adhérer à notre Parti, en continuant le recensement des communistes qui travaillent dans ces entreprises nous donnerons ainsi aux travailleurs et travailleuses des tuileries l’organisation politique dont ils ont besoin pour la défense de leurs intérêts de tous les jours, mais aussi pour la paix et contre le fascisme.

témoignage de Claire

Femmes, que vous êtes… p.52

André Stil, éditions sociales. 1963.